Chapitre 31. Perdus en République Dominicaine

PLOUF!!!

-OH MERDE!

 

J’empoigne le VHF à la vitesse de la lumière.

 

-Handy Andy! Handy Andy! Ici Pablo. Pablo.

 

J’attend complètement paniquée.

 

-Pablo. Ici Handy Andy. Comment puis-je vous aider?

-Je viens d’échapper mes lunettes soleil dans l’eau. Il faudrait nous envoyer un plongeur vraiment rapidement.

-On arrive dans une heure tapante.

-…Ok merci.

 

Une heure! Ils sont fous! Ce ne sont pas des lunettes fumées du Dollarama, elles sont adaptées à ma vue. L’eau ici à Luperon, République Dominicaine est loin d’être celle des Bahamas. On voit peut-être 2 pieds en avant de soi au mieux. Il n’y a aucune chance que je retrouve mes lunettes moi même avec un tuba dans 17 pieds d’eau. Même si je les ai échappé directement sous le bateau. Il n’y a aucune chance qu’un plongeur les retrouve dans 1 heure avec tout le courant dans la baie.

 

-Je t’avais dit que ça prenait une corde pour les attacher Cass, dit Sam.

-OH! FERME-LA!!! 

L’eau est moins joli, mais le paysage plus luxuriant qu’aux Bahamas.

Je suis tellement fâchée que Sam n’ose plus ouvrir la bouche. Dans l’attente, je réalise qu’il est temps qu’on parte de la République Dominicaine.

 

Ça avait commencé de la même façon 2 semaines plus tôt:

 

PLOUF!!!!

 

-MERDE! MERDE!

 

J’avais avancé vers la descente du bateau pour parler à mon super mari qui nous cuisinait un déjeuner de champion suite à une nuit de navigation assez intense avec des vagues de 8 pieds durant notre passage de Turk et Caicos vers la République:

 

-Sam…Je viens d’échapper ton couteau dans l’eau…

-Mon couteau à poisson? MON RAPALA? Pas celui que Vincent m’a donné voilà 3 ans en me disant que ça serait LE couteau quand j’attraperais du poisson? C’est de CE rapala que tu me parles?

– Euuhhh…oui.

-!&*$#(&*) …

-Écoute…eee… On a pas besoin d’un Rapala maintenant. On a pas pêché de poisson! En fait, en ce moment les lignes à pêche sont toutes emmêlées derrière le bateau. Voudrais-tu venir démancher tout ça vu qu’on arrive dans l’entrée de la baie de Luperon, tu sais, avant que ça se prenne dans les lignes d’un autre bateau ou pire dans notre hélice…?

 

 

Essayer de changer de sujet n’avait clairement pas rendu Sam plus heureux ce matin là.

Ensuite, le deuxième jour après notre arrivée, nous avions célébré mon anniversaire avec les amis de La Metta. Salty était tellement excitée de montrer à ses amis sa licorne. (Elle a reçu un oeuf, tu le mets dans l’eau, puis tu traines le pot partout au cas où le bébé licorne naitrait, incluant dans les sorties en dinghy, à l’épicerie, etc, etc, etc, et puis une licorne sors de l’oeuf. Un peu comme les éponges dinosaures quand on était jeunes.)

 

-Sam as-tu vu la licorne de Salty quand on est partis du pub?

-Je pensais que c’est toi qui l’avait Cass?

-Qu’est-ce que tu veux dire par moi qui l’avait!?  C’est la petite Leeloo qui l’avait il me semble.

-Ok, alors si c’est le cas, pourquoi tu me demandes à moi?

Emmener ses enfants au pub en République? No problemas.

-Parce qu’on ne l’a plus, et elle non plus! On a perdu le bébé licorne Sam. Il faut pas que Salty sache ça… MERDE! MERDE!

-…MERDE! 

J’étais retournée au pub le lendemain, apportant un dessin de la dite licorne. Pas de licorne.

 

-MERDE…

-Elle s’en est pas encore rendu compte Cass. 

-Ça va finir par arriver Sam. Pi on va avoir la pire crise qu’une enfant de 5 ans puisse faire.

 

 

Une semaine plus tard, un homme avait traversé la rue. Ouvrant la main, quelle ne fut pas ma surprise de voir… la licorne de Salty!

-ILS L’ONT TROUVÉ!!! OH. MY. GOD!

-Mon Rapala? avait répondu Sam.

-Ben non franchement! La licorne je veux dire!

-Bien sûr la licorne! Pourquoi on s’inquiéterait de mon super couteau dispendieux quand on peut se stresser sur la disparition de la licorne à 1$. HEIN?

 

Je sors de ces pensées alors qu’Handy Andy arrive avec le plongeur.

 

-Tu sais qu’il n’y a pas de chances qu’ils le trouvent, hein Cass…

-OH FERME-LA SAM! dis-je toujours fâchée.

-Combien te demandent-ils?

-Aucune idée…

-Eh bien! J’espère que tu réalises qu’on devra payer même s’ils ne trouvent rien Cass.

-OH FERM…. ouin….  Ouin. 

 

J’avale ma salive de travers. Je n’ai pas du tout négocié le prix à l’avance avec eux. 

 

-Vous croyez qu’il trouvera mes lunettes? demandais-je naÏvement à Handy Andy.

 

-Il faut prier madame, dit-il en mettant du gaz dans le compresseur. Prier BEAUCOUP, ajoute-t-il en me regardant le plus sérieusement du monde. 

Après 5 minutes, mes doigts sont engourdis à force d’être croisés espérant une chance inespérée. Le plongeur sors de l’eau : 

 

-Vous avez un bon karma madame! dit Handy Andy me montrant fièrement les lunettes. MES Lunettes retrouvées dans le fond boueux de la baie de Luperon.

-ILS LES ONT TROUVÉS!!!! OH.MY.GOD!

 

Plus tard ce soir là;

-OUFFF…il est temps qu’on parte d’ici Sam. D’abord le Rapala, ensuite la licorne, finalement mes lunettes de soleil. On va perdre quoi ensuite!
-La tête! répond Sam.

-Ha. Ha. Ha… Au moins, on aura été chanceux. 

 

Il se retourne et regarde l’entrée de la baie de Luperon, là où son Rapala repose au fond. Et où il reposera sûrement à jamais. Il me répond:

 

-Pffffff….parle-pour toi! 

 

Image titre: La côte de la République Dominicaine est difficile à naviguer, c’est le moins qu’on puisse dire. Un homme nous a raconté à quel point il préfère sa nouvelle moto à son ancien voilier. “Je peux en faire dans n’importe quel vent. Pas de fenêtre météo à attendre. Ça c’est la liberté!” J’adore sa philosophie! 😀 Mais c’est drôlement moins pratique avec 2 enfants.

Chapitre 30. Temps supp!

Turk et Caicos est un endroit où on devait s’arrêter pour attendre une fenêtre météo nous permettant de traverser en République Dominicaine. Les fenêtres deviennent de plus en plus rares à ce temps de l’année et les vents forts soufflent constamment sur la côte de la R.D. 

 

-Sam. La fenêtre météo de l’autre jour qui s’annonçait bien que trop courte pour traverser les 20 heures vers la R.D., tu te souviens?
-Ouais. Il se passe quoi avec ça?
-Elle s’est allongée beaucoup. Le vent doux fait du sur place.
-Ok… Ok? 
-Sam, ce que je veux dire, c’est que peut-être c’est la bonne fenêtre pour traverser! Et que si c’est le cas, c’est demain que ça se passe.
-Cass, il est 23:45. On va regarder ça demain matin. Viens te coucher là…

-T’es fou!? Écoute. Si on veut pas rester pris sur une ile où ça coûte 11$ un sac de pains à hotdog, il faut littéralement sauter sur la bonne occasion météo.

-À ce temps-ci de l’année, il va y avoir plusieurs fenêtres par mois Cass…
-Erreur!!! C’était vrai le mois passé quand on était au Bahamas à attendre nos pieds de moteur. Là, les alizés soufflent plus fort, il n’y a presque plus d’accalmies. Ça peut au contraire prendre des semaines avant que le vent se calme.

 

(Et c’était bien vrai, car nos amis déjà en RD eux ont attendu 1 mois leur fenêtre pour continuer, si bien qu’on les a rattrapé et même attendu 2 semaines de plus avec eux.)

 

-Ok. Donc, on part demain après-middddddiiiiiaaaawwwww… (baillement)

-Sam… Il faut passer les douanes avant de quitter demain et ce, le matin car on veut partir vers midi! 

-C’est dimanche Cass, y’aura pas un chat en ligne. Ça va prendre 1h aller-retour.

-Ok, ça me rassure d’abord. On va être correct pour quitter avant 13h00, avec 20h de trajet ça nous donne une arrivée en RD aux alentours de…

-Avant 9 am en République.

-Oui, parfait pour arriver de clarté et juste avant les bourrasques de vents qui commencent milieu de la matinée.

-Bonne.Nuit.Cass.

-…Bonne nuit Sam.

 

Ronfle…. Ronfle….  O_O

 

-SAM!!!!!!

-Eeehhh, quoi? Qui, Où ça!?  Mais qu’est-ce qu’il y a Cass? baragouine-t-il à moitié réveillé.

-C’est dimanche demain. Les douanes vont être fermées! On va rater notre fenêtre!!

-On peut payer de du temps supplémentaire Cass. Genre, tu donne 15$ de plus. Ça marche. T’es négative. Qu’est-ce qui peut si mal aller?

-C’est la loi de Murphy Sam. Si quelque chose peut mal aller, ça va mal aller. Classique.

-Pfff. Laisse-moi dormir là. Je veux pas de négativité dans mon rêve. Bonne nuit.

 

Matey, habituellement, est du genre assez patient. Mais cette fois-là…c’était long!

Le lendemain matin, on essaie de trouver le bureau des douanes pour l’ouverture:

 

-C’est là! dit le chauffeur de taxi qui nous y a mené gratuitement.

-Merci monsieur, répond Sam.

-Mais personne n’y sera. Il y a des funérailles sur l’ile et pas mal tout le monde y est. 

-Pourquoi ne pas l’avoir dit… Bon, y a-t-il moyen de rejoindre le bureau des douanes. Ou bien quelqu’un qui y travaille? On peut payer du temps supplémentaire. On a cru comprendre que ça se fait.

-Laissez-moi appeler Dana.

 

“Dana? Dana! Connais-tu quelqu’un qui travaille aux douanes toi? Brigitte? Tu as son numéro. Ok.”

 

-Elle dit que le gars du magasin général a le numéro de Brigitte.

-Qui est Brigitte?

-Paraitrait qu’elle pourrait vous aider. 

-Super…

 

Au magasin général, l’homme au comptoir appelle;

 

“Dany? Dany, Brigitte ne répond pas. Tu sais pas avec qui elle serait par hasard? Ah. Ah. Ok.”

 

-Il faut texter Doug. Il est sûrement avec elle.

-Ok…avez-vous le numéro du Doug en question?

-Attends, mon oncle le connait. Je vais l’appeler…

 

Ça continue ainsi un bon bout de temps. On se fait finalement dire qu’un dame, sûrement Brigitte, pourrait peut-être passer nous voir entre la cérémonie et la reception des funérailles.

 

On attend. On attend. Je deviens grincheuse, à cause du stress de 1. Mais aussi parce que je regarde sans cesse les prix du magasin général.

Beurre d’arachide, petit pot à 12.45$ US. Peigne des années 70’ dans l’emballage original, 28$ US. Pot de confiture de fraise, 17$ US. Il FAUT sortir de Turk et Caicos avant d’être ruinés!

-Qu’est-ce qui peut aller mal….HEIN SAM!?

-Cass. Fâche toi pas contre moi. C’est pas ma faute à moi si le vent a poussé notre fenêtre météo plus tôt que prévu.

 

Le gars du magasin général nous interrompt :

 

-Elle vous attend.

-Ok, on se rend tout de suite au bureau des douanes! Merci!!!

-Non mon garçon! Elle est LÀ, dehors, dans le parking. Tu vois le pickup. C’est elle, va la voir!

 

Sam court et saute du côté passager du pickup de Brigitte. Il est 12h45.

 

-Mommy, on peut aller aux douanes maintenant? demande Salty.

-Non ma belle. Je veux dire, oui. Enfin, le camion EST le bureau des douanes. Daddy est dedans. J’imagine que c’est ça qu’on appelle le temps supplémentaire. 

 

Elle regarde dehors;

 

-WOOOOOoowww la dame est toute jolie avec une belle robe.

-Elle était à une importante cérémonie ce matin et y retournera bientôt j’imagine.

-J’ai faim Mommy, peste Mateo fatigué d’attendre. C’est long!!!

-Et bien, comme je disais à Salty, dans le contexte, ça va sûrement être court. Signer des papiers pour quitter un pays sur un tableau de bord, ça peut pas être long.

 

Capitaine Sam, au départ de T&C, toujours heureux d’avoir raison d’être optimiste.

Sam revient 4 minutes plus tard.

 

-On est partis tout le monde! Cass : tu vois, rien n’est mal allé! 

 

Nous avons quitté Turk et Caicos à 13h30.  Mais je crois pareille de mon côté que Murphy a frappé ce dimanche là.

 

 

Image du titre: une photo non-retouchée des eaux de T&C. Oui, c’était bleu comme ça!

Chapitre 30. Capitaine Lapin

Et oui, ça arrive encore cette année. Pâques! Honnêtement, je ne suis pas certaine de comment les enfants ont pu savoir que ça serait Pâques, mais ils le savaient et avaient vraiment assimilé l’information.

Tandis que nous arrivons à l’ancre à Turk et Caicos, Salty s’inquiète

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Chapitre 28. La première nuit à l’ancre.

-J’espère tellement qu’on va croiser des bateaux avec d’autres enfants rendu aux Bahamas, dis-je excitée.
-Mike a dit qu’on va en rencontrer PLEIN dans les Exhumas.
-Ouin, ben c’est pas tout de suite pour les Exhumas. J’espère que ça nous prendra pas un mois arriver là…
-Je te comprends, j’ai tellement hâte de enfin pouvoir espérer pêcher un poisson. J’ai installé une ligne avec un hameçon derrière le bateau. Je suis pas trop confiant de mon affaire…

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Chapitre 27. Les vacances bien méritées

-Sam, ça va être Noël bieeennnnttôôôôôôt, dis-je en trépignant sur place comme une gamine qui a hâte de voir le Père Noël.

-Bof ouais. Pour ce que ça veut dire…

-Coudonc. T’as donc ben pas l’air excité?

-C’est pas comme si ça changeait vraiment quelque chose, il reste quand même du travail à faire sur le bateau.

-Wooooh minute, quoi? NONNNN!!!!! Tu vas prendre des jours sans travailler pour Noël certain, m’sieur Jobin!

C’était un ordre. Sam avait besoin d’un break.

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Chapitre 26. Une histoire de caca

AVERTISSEMENT. Cette histoire contient du vocabulaire de type pipi caca ainsi que des détails de déjection personnels pouvant ne pas convenir aux gens très convenables. Vous êtes prévenus.

Si vous ne le saviez pas, Sam a refait complètement la plomberie de Pablo, réinstallé des toilettes et les réservoirs qui viennent avec.

-Attends, avant de partir faut que j’aille pour un numéro 2… Ça presse.

-Que je te vois boucher ma toilette, madame ”Je Suis Pas Régulière”.

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Chapitre 25. La ménagerie de Cumberland Island

Cass est tellement énervée qu’elle ressemble à notre ancien chien quand quelqu’un arrivait à la porte :

-Oh my god oh my god oh my god! J’arrive pas à croire qu’on quitte le chantier Sam! HIIIII!!!!! Chu excitée sans bon sens!

-Calme toi Cass, on est à 10 minutes du chantier à peine, on vient de partir! renchérit Sam.

-HIIII!!!!!!

-Pour moi, le trip est pas encore commencé. Tant qu’on sera pas sur une plage de sable blanc, pis bla bla bla, ça sera pas vraiment ce que j’imaginais.

-C’est quoi le bla bla bla dans ta phrase, Sam?

-Je sais-tu moi, genre. Euh….des dauphins, des tortues de mer. Tu le sais ce que je veux dire Cass!

-On va se calmer le dauphin je pense! On va commencer par aller à Cumberland Island pour la première nuit. Il parait que c’est super beau. Tom et Chris sont déjà rendus sur leur bateau. Ils veulent nous faire visiter l’île.

-Un genre de parc national sûrement avec un guichet d’entrée… Pas super bucolique hein.

-T’es donc ben rabat-joie, Jobin!

-C’est pas la “vraie” nature, tsé. Sauvage pis toute, bon!

-Pfff…

Deux heures plus tard, nous arrivons à Cumberland Island et nous mettons à l’ancre joyeusement proche du voilier de Tom et Chris, (voilier Persistence), et qui ont fait 10 fois le trajet que nous ferons en Floride et qui ont offert de nous donner leurs trucs. On s’apprête à diner lorsque la radio VHF s’allume:

-PABLO PABLO PABLO. Ici Persistence. C’est Tom.

Sam empoigne le VHF et prend sa voix de capitaine cool. Je vous promet que la conversation qui suit a été la plus courte que j’ai jamais entendue au VHF:

-Persistence. Ici Pablo, dit-il.

-DAUPHINS À 11h! TERMINÉ.

NO WAY! Des dauphins pour vrai à côté de nous! Laissez-moi vous dire que le diner a refroidi sur un moyen temps pendant que les enfants voyaient des dauphins pour la première fois dans la baie!

***

Après une longue séance d’observation et un dîner, on a débarqué pour aller visiter Cumberland Island. On se rappelle, l’île qui allait être ”faussement sauvage pis vraiment de la vraie nature”, selon Sam.

Chris se met en mode guide touristique. Et nous lance :

-Vous allez peut-être voir des cheveux sauvages, dit Chris.

-Hein, s’exclame Cass. Ça existe ailleurs que dans la pampa Argentine ça?

-Oui oui. Il y a eu des cheveux dans les années 1800, mais maintenant, ils sont retournés à l’état sauvage et se reproduisent.

Et comme de fait, on a vu au moins six chevaux sauvages sur la plage déserte. Et pas loin de 18 autres dans le reste de l’ile au travers des ruines.

Au milieu des ruines inhabitées, les chevaux se promènent à l’état sauvage.

C’était magique de voir Sally courir vers les chevaux sur la plage.

Plus tard:

-OHHH regardez! C’est un tatou, nous dit Tom.

-PAS VRAI!?

On regarde la petite carapace se trémousser, vraiment excités. Aucun de nous n’en avait jamais vu.

– Et Chris, qu’est-ce qui bouge là bas dans l’arbre…?

Un petit bambi sort d’un boisé. Suivi de sa mère. Le premier arrête net alors que le deuxième se décide à passer à côté de nous. Il passe à 2 mètres de Sally. (On avait tout filmé, mais Sam a flushé tout ça en faisant un accidentel “backup” hum hum…)

-Regardez là-bas, un aigle!, remarque encore Chris.

-Ohhhhhhh!

Le soir venu je regarde Sam avec un sourire de type “KIN TU VOIS BIEN!” :

-Pis, le trip est tu assez commencé à ton gout? Monsieur-on-a-vu-des-aigle-tatou-bambi-chevaux sauvages sur la plage et dauphins autour du bateau?

-Non.

-Hein?

-Non! As-tu vu des tortues de mer toi aujourd’hui? Non? Bon. Faque c’est ça.

Pour votre info, il y a peu de jours où on ne voit pas de dauphins. 🙂

Sam a même vu un lamantin, mais ça, il est le seul à l’avoir vu…

Salty dédiée à pousser Matey sur la plage.

Chapitre 24. Le mystérieux retour du frigo orange

-Veux-tu un autre café Sam?

-Ouais… Je suis pas tellement d’humeur à recommencer les passe-coques aujourd’hui…

-Je sais mon coeur. Ça coule tellement peu, mais on sait que c’est la chose à faire…

-J’ai envie de faire des surliures sur des cordes à la place. Je suis vraiment découragé Cass.

-Chaque jour sur Pablo apporte de nouvelles surprises. Qui sait! Peut-être que ça va être une super journée!

-Ouin…

Ce matin-là, Sam était grognon comme le capitaine Haddock. Refaire un travail qu’on pensait bien fait n’est jamais trop agréable.

TOC TOC TOC!
Et soudainement, on entend crier dehors :

– Hey Darkside!

Darkside? Tout le monde ici savent qu’on a changé le nom du bateau pour Pablo puisqu’on n’aimait pas l’ancien, Darkside. Il faut donc que ça soit quelqu’un qui connaissait le bateau avant… mais qui donc?
Sam regarde dehors :

-Ohhhh! Capitaine Bob! Ça c’est une surprise! Que fais-tu ici?

Capitaine Bob? Mais vous vous demandez qui est cet énergumène qui s’appelle Bob ET qui se fait en plus appeler Capitaine? Eh ben, pour ça, il faut faire un petit retour en arrière dans notre périple alors que nous étions en route pour acheter le bateau, à l’époque appelé Darkside…

***

à propos de capitaine bob

On se souvient que Sam a du reprendre l’avion et aller voir le bateau pour lui faire faire un essai en mer. Et bien, Capitaine Bob, c’est la personne que les vendeurs ont embauchée pour piloter le bateau ce jour-là puisqu’ils préféraient ne pas le faire eux-même. C’est comme ça qu’ils se sont rencontrés, Sam et lui. Ils ont navigués quelques heures sur Pablo ensemble tandis que l’inspecteur faisait ses vérifications. Quand nous avons acheté le bateau, une fois de retour au Québec, nous avions d’ailleurs reçu un téléphone plutôt inattendu.

 
-Hey Sam. Capitain Bob au téléphone.

-Hey, bonjour!

-Avez-vous acheté le bateau en fin de compte, Darkside?

-Oui! Nous sommes propriétaires depuis hier, les papiers sont finalement signés.

– Tu es bien sûr qu’il est à toi donc?

– Et bien comme notre compte en banque est vide, oui je suis sûr. Pourquoi?

– Il y a une grosse tempête qui arrive. Je vois le bateau depuis mon hublot ici et toutes les écoutilles de votre bateau sont ouvertes, il n’y a personne à bord depuis au moins 2 jours…. Personne ne va aller fermer ça. Ça va te faire un sacré dégât.

-Oh non! Ok, pourriez-vous aller tout fermer s’il vous plait?

-Je m’en charge.

Quelques minutes plut tard, le téléphone sonne de nouveau.

-Sam. Le bateau est en bordel complet. Il y a des boîtes et des choses partout. Il y a même un cochon d’Inde dans votre bateau. Ne t’inquiète pas, ma femme et moi allons tout nettoyer pour vous, sortir le cochon d’Inde et allons calfeutrer les hublots. On va aussi vous mettre des bombes anti-insectes pour que tout soit nickel quand vous allez revenir dans 2 mois.

-Wow… Je ne sais pas quoi dire. C’est fantastique! MERCI!

-C’est ce que les gens de bateau font, on s’aide. Et en passant, je vais dire deux mots à l’ancien propriétaire, quand ils reviendront chercher leur cochon d’Inde!

Il était presque un étranger mais a pris soin de notre bateau comme le sien durant notre absence.

***

Et donc, Capitaine Bob était maintenant au bas de l’échelle de Pablo :

-Qu’est-ce que je fais ici, hein? Je suis à l’ancre en face. Rocky dit qu’il n’y a pas de place pour moi dans le chantier tant que ton bateau n’est pas à l’eau. J’ai besoin de refaire ma peinture de coque. Alors je suis venu t’aider! Le plus vite tu splashes, le plus vite je fais ma nouvelle peinture!

-Pas sérieux! Je ne m’attendais pas trop à ça ce matin. Ça me donne le petit coup de pied qui me manquait.

-Met ton café sur ta table et prépare-toi à commencer ta journée. Et aussi, bougeons ce stupide frigo en plein en face de ton échelle. Veux-tu bien me dire quel idiot a laissé ça là!

Et ça, c’était la deuxième surprise de la journée. Le frigo orange était de retour.

On n’a jamais su qui l’avait pris. Et en fait, je pense qu’on s’en fout. Matey lui, était vraiment heureux.

Tandis que Sam travaille avec Capitaine Bob, Salty, Matey et Cass finissent de stocker les provisions. Derrière Matey, la provision de vin (blanc seulement). 😉

 

Chapitre 23. La disparition mystérieuse du frigo orange

Les enfants arrivent au bateau et voient le bateau pour la première fois. Ils entrent dans leur chambre et voient leurs jouets, leurs lits… leur nouveau chez-soi.

-Wooooooowwwwww, dit Salty.

-Woooooooowwwwoooowwww, ajoute Matey.

-Daddy, c’est quoi le gros truc orange au milieu du salon?

-C’est un frigo Salty.

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