L’école sur Pablo, partie 2 – La déscolarisation

Pour nous, l’école réfère à la partie académique : assis avec du papiers, des cahiers, des crayons, des fiches. Mais voici aussi ce qui fait partie des apprentissages sur lesquels nous travaillons avec Salty et Matey au quotidien hors école, ce qu’on appelle la déscolarisation. Et contrairement à ce qu’on puisse penser, ça demande du temps de recherche et de travail de la part du parent.

Ce blog est d’une longueur inhabituelle. Devenir prof est l’un des aspects les plus effrayants d’un projet comme le nôtre. Et si ça ne marchait pas ? Et si, à notre retour, Salty ne réussissait pas à l’école parce qu’elle est en retard? Cass a passé des mois à lire, à rechercher et à élaborer un programme scolaire qui nous semble suffisamment stimulant, tout en étant adapté aux possibilités uniques que nous avons au quotidien. Écrire sur le sujet de manière concise, tout en ayant tant à dire, s’est avéré presque impossible. Alors, allez vous chercher une autre tasse de café, asseyez-vous et commençons !

LECTURE PARTAGÉE : 40-60 minutes par jour.

Dans notre cas, on parle de lecture faite aux enfants par un adulte. Nous lisons beaucoup de livres pour enfants bien entendu, mais nous nous attaquons aussi à un roman à la fois que nous lisons sur plusieurs jours ou même semaines. Ces livres sont trop complexes pour que Salty les lise elle-même, même accompagnée d’un adulte. Mais ils ne sont pas trop avancés pour lui apprendre la ponctuation, les expressions, lui faire découvrir du vocabulaire riche, développer son amour de la lecture et son imagination (je préfère choisir des romans sans images ou très peu). Soyons franc par contre, des enfants de 3 ans et 6 ans ne vont pas s’assoir et écouter la lecture d’un roman sans efforts du lecteur. Je fais les voix de tous les personnages, je chante s’il y a des chansons, je mime ce que les personnages font et je fais des multitudes de commentaires au fur et à mesure pour m’assurer qu’ils suivent l’histoire et comprennent ce que les personnages vivent. Durant Bilbo, nous avons dû arrêter très souvent durant la bataille finale pour bien réviser ensemble QUI attaquait QUI, et clarifier les nouvelles alliances. Je modifie les pronoms et synonymes pour répéter les noms des personnages. Ainsi, au lieu de lire “la compagnie s’arrêta”, je dis “Bilbo, Gandalf, les nains et leur poney s’arrêtèrent”. C’est redondant au niveau littéraire, mais pour les enfants, c’est plus facile à suivre et c’est impossible de s’attacher à un personnage dont un ne retient pas le nom. Quand je dis un mot de vocabulaire compliqué, je l’accompagne rapidement d’un synonyme qu’ils connaissent, puis je leur relis la phrase rapidement avec le nouveau mot. Nous avons lu sans difficulté Matilda, Charlie et la Chocolaterie, La toile de Charlotte, Bilbo et beaucoup d’autres. Quand durant la préparation du souper, on décide de patienter avec une de ces grandes lectures, le compte du temps de lecture partagée grimpe à environ 1h30 par jour – souvent plus. “Un autre chapitre maman!!!”

“Mais maman! Harry Potter doit rester dans sa chambre!! C’EST DANGEREUX!!!”

ARTS : 30 minutes à 2 heures par jour

Salty dessine et dessine et dessine encore. Elle aime bricoler, peindre et tout ce qui touche les arts visuels. Aucune raison de créer un cours d’art à l’école si elle le fait d’elle même, non? Pour complémenter son plaisir des arts visuels, nous nous sommes muni d’un livre sur l’art séparé par disciplines (sculpture, peinture, musique, architecture, films et photographie, danse, théâtre etc.) Les enfants adorent regarder ce genre de livre.

HISTOIRE, 30-60 minutes, une a deux fois par semaine

(qu’on appel seulement “THE GAME”, parce que c’est plus amusant comme ça!)

“The Game” consiste à incarner les personnages de l’Histoire et vivre ce qu’ils ont vécu en ordre chronologique. En août dernier, nous avons commencé à jouer le rôle d’hommes des cavernes. J’ai insisté pour que les enfants ne parlent pas et grognent en se déplaçant à 4 pattes. Comme ils ont trouvé cela un peu incapacitant, ils ont appris à marcher sur 2 pattes et cela a libérer leurs 2 mains. Nous n’avions pas beaucoup de matériel pour créer des armes, alors Matey a fait semblant de construire un couteau avec une pierre. Plus tard, en faisant semblant de manger, nous avons pensé que la viande crue était bien difficile à mâcher. Alors Salty a eu l’idée de faire un feu pour cuire la viande. Le feu avait aussi l’avantage de nous garder au chaud, car dans notre jeu, il commençait à faire un peu froid à ce moment-là…

Je donne des indices aux enfants sur la suite du jeu en leur soulevant les problème auxquels les Hommes ont fait face. Par exemple : “Et bien les enfants, pas facile de se rendre aux Indes à pieds ou à cheval! C’est très long et périlleux. Il faudrait se rendre autrement, mais comment…!?” “En bateau!” répond Matey. Ce qui est précisément ce que les Portugais on fait.

Quelle fantastique activité! Non seulement cela permet aux enfants de vivre l’Histoire du Monde, mais cela leur donne un intérêt profond pour l’Histoire. Et comme notre jeu se fait toujours en ordre chronologique, l’Histoire avec un grand H devient simplement une grande histoire. Quel enfant n’aime pas les histoires?

Sous son apparence ludique, voici ce que je vise pour The Game:

  • BROSSER UN GRAND PORTRAIT FAIT DE CLICHÉS. Les clichés aident les enfants à départager les périodes. Inutile d’entrer dans les détails à l’âge de Salty et Matey. Il est parfaitement acceptable pour un enfant de 5 et 3 ans que de penser aux Égyptiens fasse référence aux pyramides, aux momies, aux hiéroglyphes, au sphynx et aux pharaons. Ajoutez l’adoration des chats et les Égyptiens sont soudainement la chose la plus cool du monde.

  • LIER LES PÉRIODES ENTRE ELLES. Je m’assure que les enfants comprennent chaque partie qui mène à l’autre et comment elles sont liées. Ce sont ces liens qui font de l’Histoire une histoire qui se tient debout. Ces liens m’ont franchement manqué durant les leçons d’Histoire étant jeune. Mais comment expliquer la fin de l’Empire Romain à des enfants de 5 et 3 ans? Voici comment nous l’avons joué. À la fin de l’Empire, il n’y avait plus de soldats romains pour garder les routes sécuritaires. Alors, on a commencé de plus en plus à se faire attaquer quand on se promenait. Salty et Matey ont commencé à être réticents à l’idée de sortir. Ils ont cherché à se réfugier avec d’autres gens plutôt que de voyager sur les routes périlleuses. Heureusement pour eux, un riche Seigneur a accepté de les protéger en échange de récoltes. Il a construit un chateau (ou plutôt, on l’a construit pour lui) et en cas d’attaque on avait droit de s’y réfugier. Et voilà; je viens de vous décrire 3 séances de jeu qui ont fait le lien entre la fin de l’Empire Romain et le Moyen Age. Savoir ce qui s’est passé dans une période de l’Histoire est génial déjà, mais jouer la transition fait parti des gros bonus de ce jeu. Est-ce que ces liens sont hyper simplifiés? Absolument! Et à cet âge, c’est important d’y aller de choses simples.

  • PERSONNAGES HISTORIQUES JOUÉS PAR LES ENFANTS. Pendant les hommes des cavernes, nous n’étions que ça, des hommes des cavernes. Mais quand nous sommes arrivés en Égypte, nous étions au service du pharaon. Et puis, Cléopâtre est arrivée. Salty a immédiatement voulu JOUER ELLE-MEME Cléopâtre. Elle a été surpris de savoir qu’elle était grecque et pas du tout égyptienne. Pous simplifier, nous avons conclu que Alexandre le Grand, joué avec enthousiasme par Mateo, après avoir conquis l’Égypte avait demandé à sa soeur Cléopâtre de garder le royaume pour lui tandis qu’il continuerait ses conquêtes vers l’Est. Jouer un personnage connu aide les enfants à comprendre et à aimer d’avantage la période en cours. Mateo a crié dans le bateau pendant plusieurs jours “Allez Bucéphale!!!” (le nom du cheval d’Alexandre le Grand). C’était génial à voir. Et comme il a conquis beaucoup de territoires, Matey a été un peu offensé quand nous avons brièvement parlé des Mongols et que je lui ai dit qu’ils avaient conquis PLUS encore qu’Alexandre. “PLUS QUE MOI!?” Il n’y a pas cru et nous avons dû consulter des cartes pour comparer. Je suis certaine que sans avoir joué ce rôle, Matey n’aurait pas eu autant d’intérêt à regarder des cartes.

  • FAIRE DES LIENS ENTRE NOTRE QUOTIDIEN SUR PABLO ET LES PÉRIODES DE L’HISTOIRE. Ce n’est pas toujours faisable, mais la plupart du temps, c’est assez facile. Comment faire le lien avec l’Empire Romain et la période de Noël? Facile, le début du Christianisme et la naissance de Jésus. Pour contexte, nous ne faisons pas d’éducation religieuse sur Pablo. Mais cette partie de l’Histoire aide énormément à comprendre la période suivante, le Moyen Âge. Un autre exemple, au sujet du Canal de Panama à côté duquel nous avons séjourné près de 3 mois. Sa construction a changé le monde mais c’est arrivé beaucoup plus tard que la découverte du Nouveau Monde qu’on couvrait alors. Pourtant, en jouant cette période pendant laquelle on cherchait un chemin vers les Indes, nous avons su à quel point il était dangereux d’aller dans le détroit de Magellan. Avec ses icebergs, hautes vagues triangulaires et les récifs, le dessin animé qu’on a regardé à ce moment a aidé à créer le lien avec notre quotidien et The Game. J’ai arrêté le dessin animé et dit: “Voyez-vous comme c’est dangereux le détroit de Magellan en plus d’être long comme trajet? Pas étonnant qu’un jour quelqu’un ait proposé de creuser un canal dans la partie la plus étroite!” Salty et Matey ont réellement fait le lien immédiatement entre le canal et la route des Indes. Même si ce n’était plus les Indes qu’on cherchait quand il a été creusé, le trajet était le même et le bénéfice le même. Il y a presque toujours un lien possible à trouver.

  • RÉPÉTITION DE L’INFO ET VARIATION DES MÉDIAS.Chaque fois que nous jouons, je fais un résumé brièvement de notre jeu depuis le début. “Quand nous avons commencé, nous étions des hommes des cavernes, nous avons découvert des outils et du feu et plus tard, nous avons commencé à récolter notre nourriture. Cela nous a incité à rester au même endroit. Puis…” et ainsi de suite. Ça prend 3 minutes. Mais ça martèle la séquence dans leur esprit. Ensuite, pour chaque période, je regarde dans tous les films de nos enfants et je trouve ceux qui correspondent. Les Grecs? Disney Hercule. L’Amérique ? La route de l’Eldorado. Les Incas avant l’invasion espagnole? Empereur nouveau Genre. Les Romains? Astérix. L’Egypte? Astérix et Cléopâtre. Les hommes des cavernes? Croman. Moyen Age? Le dessin animé sur le Roi Arthur. Et ainsi de suite. C’est beaucoup plus facile qu’il n’y paraît. J’arrête le film de temps en temps pour faire le lien “On a fait ça dans notre jeu l’autre jour!” Les enfants comprennent et mettent des images sur les choses que nous avons faites. Comme autre média, je vais sur wikipedia pour leur montrer quelques images. Nous ouvrons aussi toutes nos encyclopédies et livres pour chercher les informations que nous avons à bord concernant la période de notre jeu. Nous lisons également 2 livres d’histoire différents (les enfants AIMENT se faire lire un histoire, même si c’est celle du Roi Louis XIV, tant que j’y met un peu d’effort et d’explications, c’est un bonheur pour eux. ) Répéter sans cesse et de différentes façon ne fait pas entrer tous les détails, mais le tableau d’ensemble devient de plus en plus clair pour les enfants. Finalement comme dernier média, nous avons des dessins animés éducatifs sur l’histoire, les explorateurs et les inventeurs. Je trouve tous les épisodes relatifs à notre époque et lorsque nous avons besoin d’un peu de temps d’écran pour les enfants, nous choisissons l’un d’entre eux plutôt que le dernier épisode des Pyjamasques.

  • MESSAGES CLÉS. L’histoire n’est pas seulement une grande bataille et une série de conquêtes… mais les conflits et la guerre y prennent une grande part qu’on ne peut pas vraiment éviter. En fait, je ne pense pas qu’on doive l’éviter, au contraire. Je fais toujours un parallèle avec les disputes entre Salty et Matey. Le message clé est le suivant : quand les gens ne peuvent pas trouver de compromis, il y a des guerres et les gens perdent: ils perdent des choses, des pays, des trônes et parfois leur vie. Le second message est qu’au cours du Moyen-Âge, une période sombre, il y eut un grand retour en arrière parce que les gens ont cessé d’être curieux, d’apprendre et d’aller à l’école. Les exemples des bienfaits de l’éducation sont assez nombreux, ce qui n’est pas mauvais pour des enfants qui ne mettront pas les pieds sur des bancs d’école avant un bon moment. Quand l’histoire se répète, je dis toujours : “Ihhh la la, si seulement ils avaient appris de la première fois quand cela s’est passé pendant la période grecque, cela ne se serait probablement pas reproduit maintenant, n’est-ce pas ? Et les enfants de répondre : “Oui, ils n’ont pas appris…”.

  • UN CYCLE D’HISTOIRE CHRONOLOGIQUE COMPLET. PUIS ON RECOMMENCE DU DÉBUT. Nous allons couvrir les parties des grandes guerres, en simplifiant et épargnant les détails des horreurs commises (on veut quand même qu’ils dorment la nuit!). Je me suis donné un an pour me rendre jusqu’à la course à la lune et la guerre froide. Quand nous aurons terminé, nous recommencerons aux hommes des cavernes. Cette fois, nous examinerons le même matériel, et je creuserai pour trouver de nouvelles activités et je devrai trouver de nouveaux liens avec notre quotidien à ce moment-là. Si jamais nous parvenons à rester sur le bateau plus d’une année supplémentaire, je commencerai alors à prendre 3 ans pour couvrir le même matériel. Première année d’école sur Pablo = un jeu d’histoire complet. Deuxième année d’école sur Pablo= un second jeu d’histoire complet. 3e, 4e et 5e années d’école sur Pablo = un jeu d’histoire complet à raison de 1/3 par année avec plus de détails. Je me dis que peu importe quand les enfants retourneront dans une école normale, ils pourront rattraper n’importe quel cours d’histoire.

SCIENCE : 15 minutes – 1 heure par jour

C’est la matière où je me sens le plus faible. Aussi, nous laissons les encyclopédies à proximité tout le temps et Salty et Matey adorent tous les deux s’asseoir et les consulter. Nous avons des encyclopédies pour les 10-12 ans et plus. Je préfère avoir plus d’informations, cela favorise l’idée qu’il y a beaucoup à apprendre. Les encyclopédies pour enfants sont parfois trop simples, comme les parties d’un arbre qui sont les racines, le tronc, l’écorce, les branches, les feuilles. C’est bien pour un enfant comme Matey. Ce n’est tout simplement pas ce dont nous avons besoin. Il n’y aura pas de professeur qui proposera un programme pour développer les science dans à l’école. Nous devons nous assurer que les enfants soient intéressés à en savoir plus par eux-mêmes ou à notre suggestion. L’encyclopédie pour les enfants plus âgés comprend, par exemple, des images de cellules de feuilles et explique la photosynthèse. Les enfants pointent alors du doigt et disent : “Qu’est-ce que c’est ?” Je n’ai alors pas d’autre choix que de dire : “Hmmm, laisse-moi lire, maman ne sait pas exactement comment ça marche”. Je leur explique alors ce que je lis, on essaie de vulgariser, Sam se joint à la discussion, et ils se rendent compte que le monde est complexe !
Notre objectif à leur âge est qu’ils connaissent des bases (oui, comme cette longue chose brune verticale qui s’appelle le tronc :P) Mais je pense que notre principal objectif est de leur montrer qu’il est important d’être curieux et de comprendre que même les adultes ne savent pas tout. La connaissance est infinie. Nous cherchons avec eux, nous découvrons avec eux. En exposant les enfants à des informations plus avancées (avec une belle image colorée), on a tous du plaisir à être curieux en famille. C’est une phrase fréquente sur Pablo : “Je veux en savoir plus sur ça!!!” Et rien de mieux que notre environnement et la nature qui nous entoure pour plonger aller découvrir au sujet de la nature en général sans ouvrir un livre!

Projets

Nous laissons beaucoup de temps libre aux enfants. BEAUCOUP. Salty vient toujours nous voir en disant : “J’ai un projet, j’ai besoin de colle, j’ai besoin de ceci, j’ai besoin de cela…” Parfois, ses projets ne sont pas de l’artisanat et nécessitent notre aide. Comme coudre des camisoles pour ses amis. Nous essayons d’encourager les enfants en disant oui si possible. Nous nous abstenons de dire des choses comme : “C’est trop dur pour ton âge” et nous essayons plutôt de faire en sorte qu’elle puisse aller de A à Z avec son idée. On lui apprends la persévérance mais aussi à vivre des échecs. Et bien sûr, toutes les autres compétences dont elle a besoin, comme coudre un bouton dans l’exemple ci-bas.

Je me suis réveillé un matin pour trouver Sally dans le cockpit. Elle s’y était installée avec la ferme idée de coudre une robe pour Mimi, sa peluche. Nous essayons de favoriser cela autant que possible en facilitant l’accès des enfants à du matériel de bricolage. Nous pensons que les avantages à long terme l’emportent sur les quelques mésaventures qui se sont produites avec les ciseaux…

ÉMOTIONS / EMPATHIE

Parfois, on arrête tout et on apprend aux enfants les émotions. Une fois, j’ai dessiné des émotions sur un tableau et les enfants devaient trouver quelle émotion la personne ressentait Nous discutons également de moyens pour se sentir mieux après avoir été stressé, en colère ou triste. Nous leur apprenons que les émotions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, font partie de la vie. C’est ainsi que Matey a commencé à dire des choses comme: “Je suis impatient” plutôt que de crier et de jeter des choses par terre. L’empathie est une compétence qui peut être enseignée et nous avons certainement le temps de l’intégrer dans le quotidien.

Mot de la fin sur la déscolarisation

Le reste de la déscolarisation, c’est jouer. Jouer! Se chicaner avec Matey. Trouver des compromis. Être déçu. Être triste parce qu’il a détruit sa construction en Lego. Se réconcilier, réparer ses erreurs. Être heureux et rire. Avoir le temps et l’environnement nécessaires pour être un enfant. Quelque chose que, selon nous, de moins en moins d’enfants ont la possibilité d’être.

Ce principe de déscolarisation semble d’une évidence banale. Mais contrairement à un parent qui a ses enfants avec lui quelques heures le soir et fin de semaines seulement, il n’y aura pas de professeur derrière nous pour faire une grosse partie des apprentissages. Nous devons partager notre temps de parents entre des moments coeur à coeur et beaucoup de moments éducatifs. Nous devons dédier du temps à ce qui semble des opportunités naturelles et surtout, rater le moins d’opportunités possible d’apprentissage hors école académique. Pour Salty et Matey, ce n’est PAS de l’école. Mais pour nous parents, cela ne signifie pas que c’est sans efforts et que cette partie d’éducation se fait magiquement. On doit s’arrêter, réaliser qu’il y a à ce moment précis une occasion qui se présente. Et c’est le temps de se mettre dans la peau d’un professeur de cuisine, de science, de langue, d’histoire ou peu importe quoi d’autre. D’un point de vue école sur un bateau, si comme parents on ne fait pas ces efforts supplémentaires, nous sentirons que nos enfants on du retard. Au contraire, si on s’arrête, ouvre l’encyclopédie pour regarder comment le petit moteur du jeu brisé fonctionne, qu’on prend les outils et qu’on répare le dit jouet avec eux, alors là, petit à petit, nos enfants devraient devenir assez curieux pour s’en sortir assez bien … dans la vie en général, autant qu’à l’école!

La déscolarisation est ici la véritable clé pour compléter l’éducation de Salty.

Apprendre la multiplication et introduire des notions d’algèbre lors d’un passage quelque part au large du Salvador. Pour en savoir plus sur l'”autre” partie de l’école, consultez notre précédent billet de blog ici

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3 Commentaires

  • Réjeanne June 1, 2020   Répondre →

    Wow! Quel travail de recherche et de persévérance! Comme c’est intéressant à lire ce blog! De connaître la démarche d’apprentissage et les objectifs visés c’est un beau partage que vous nous faites, merci!
    Je demeure encore plus convaincue que cette façon d’apprendre est gagnante tant sur le plan éducatif qu’émotionnel. Le savoir qui nourrit la curiosité, le jeu qui nourrit l’imaginaire et le tout avec son parent aimant.
    En même temps, je me doute bien de ce que cela demande comme défi au quotidien pour chacun!
    Je m’incline en disant Bravo!
    Réjeanne xxx

  • Micheline XXX June 1, 2020   Répondre →

    Wow !!! Je te reconnais bien là, Cassandre. J’ai adoré lire la façon dont vous intégrez les apprentissages sur le bateau. C’est la façon idéale, je crois… Ce que j’aime particulièrement, c’est la façon dont tu fais de nombreux liens entre les apprentissages et la vraie vie. J’ai adoré la partie concernant l’histoire. À l’école, c’est souvent ces liens qui manquent d’une année à l’autre. BRAVO À TOI !!!

  • Marlene Houle June 3, 2020   Répondre →

    C’est tout un défi ! Bravo ! J’aurais bien aimé apprendre de cette façon. Peut-être que j’aurais eu plus de facilité a apprendre.
    Vous ne vous ennuyez certainement pas.

    Marlène XXX

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