Sujet chaud : qu’est-ce qu’on mange?

Rien n’est facile sur un bateau. Du lavage fait dans une chaudière, qui reste ensuite étendu sur les filières pendants 4 journées de pluies avant de pouvoir enfin(!) dormir dans des draps(!!) – jusqu’à rattraper à temps son assiette qui décide sans crier gare de partir s’écraser sur le plancher parce qu’une vague sournoise vient d’arriver, gracieuseté d’un bateau passé trop vite.. Rien n’est facile.

Probablement plus que tout autre, la bouffe figure dans les discussions qui reviennent trop souvent, trop rapidement. Pour commencer, le simple fait de se procurer de la nourriture peut être un défi en soi, dépendant de l’ile dans laquelle nous somme… Ou du prix que nous somme prêt a payer pour! (je suis encore fâché contre cette ridiculement petite carotte payé 2.25$ dans les Bahamas. Pourquoi? Je me sentais trop coupable de ne pas avoir donné de légumes frais à mes enfants pendant 2 jours. Avoir une bonne conscience de parent peut être dispendieux..)

Ramener la bouffe au bateau n’est pas parti de plaisir non-plus, marchant parfois plus d’une heure sous le soleil plombant avec un packsac, les bras chargé de sacs, essayant de se dépêcher autant qu’on peut, motivé par le poulet qui dégèle et qui te dégouline dans les culottes…

Une fois avoir tout ramené dans l’annexe et s’être pris une vague ou deux de travers qui a mouillé l’ensemble des sacs, reste le petit défi de ranger le tout. Ce qui veut dire tremper dans l’eau et le vinaigre tous les fruits et légumes pour s’assurer qu’aucune bibittes ne rentre à bord, enlever les étiquettes de toutes le conserve et les laver au vinaigre (les coquerelles se nourrissent de la colle), identifier les conserves (parce que bonjour les surprises quand on oublie!) et ranger le tout. Ce qui dans Pablo est en dessous des lits des enfants, ou derrière les banquettes du salon, ou dans la penderie de la salle de bain d’en avant…mais pratiquement jamais dans la cuisine pour une raison qui nous échappe. Et finalement, ranger ce qui fut un jour froid dans notre frigo qui s’accède en levant le dessus du comptoir. C’est ce qu’on appelle “jouer a Tétris en 3D avec un défi chronométré”, puisqu’on essaie de se dépêcher un max histoire qu’il reste un tantinet plus frais que le reste du bateau.

Mais posséder de la nourriture est juste la moitié de la bataille; faut bien la cuisiner! Jour après jour. 3 fois par jour, avec une sélection de produit qui est.. Comment dire? Timide! Avec un sélection est est TRÈS timide versus une épicerie nord-américaine. L’inspiration s’essouffle vite. Et il fait TELLEMENT chaud dans la cuisine!

Mais une bonne bouffe peut ramener bien des sourires! Donc avant tout passage, on essaie autant qu’on peut de préparer quelque mets qui sortent de l’ordinaire et sont populaire (parce que croyez-moi; la dernière chose que vous voulez faire dans une mer agitée, c’est de se battre avec ses enfants pour qu’ils mangent leur choux de Brussel!). Nous avons aussi tendance à laisser derrière nous la routine; permettant a tous de manger ce qui lui tente au moment où il en a envi, réduisant ainsi de beaucoup le mal de mer. Malgré tout, Cass reste très sensible, laissant à Sam le soin du bateau, des enfants et des repas. Donc, on essaie lui simplifier la vie un peu en préparent d’avance quelques repas.

Nous sommes à la veille de notre plus longue traversée à date, laissant derrière nous Bonaire demain soir pour une arrivé à Colon, Panama. Un passage d’environ 800 miles nautique qui devrait nous laisser en mer pour 6 jours, si on se fait au vents faible annoncé. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, Sam a passé la journée complète dans la chaude (41°C!) cuisine pour nous cuisiner un menu qui devrait faire sourire et saliver l’équipage.

Ce qui est prévu pour notre passage vers le Panama:

Jour 1
– Muesli et yaourt avec poires fraiches
– Baguette, camembert, chorizos and pommes vertes
– Un classic; ragout de boeuf au vin rouge (parce que Noël approche!)

Jour 2
– Toasts avec un choix de beurre de peanuts ou confiture de gingembre pour ceux à l’estomac plus fragile
– Pain au lentilles vertes, champignons et fromage cheddar fort
– Spag gratiné au poix-chiches et saucisses

Jour 3
– Grilled-cheese avec muffins au courgettes et chocolat
– Sandwiches
– Pâtes au épinards et lardons avec fromage feta fondu

Jour 4
– Pain au carottes, raisins et chocolat (je devrais vraiment dire gateau..)
– Croque-monsieur au salami et gouda
– Ragout de boeuf

Jour 5
– Bon matin burritos! avec oeufs brouillés, steak haché et fromage dans un tacos
– Salade de riz avec poulet, petit pois, maïs, tomates et céleri, vinaigrette au yaourt et miel
– Pizzas : steak fumé, poivrons jaunes, oignon rouge et gouda vieilli sur une pâte mince fait-maison au basilic, bière et farine entière

Jour 6
– Crumble de muesli, pommes et abricots
– Soupe au curry
– Spag

Les plans sont fait pour être changé sitôt tracé, mais la bonne nouvelle est que tout ce menu est déjà cuisiné en enveloppé, n’attendant seulement que quelqu’un fasse réchauffer une portion pour un compagnon affamé. Et nous avons aussi une belle collection de sac de légumes déjà préparé avec hummus, oeuf cuit-dur et saucissons. Sans compter une tonne de collation, allant de la simple soupe ramen a la gamme complète de biscuits, popcorn, chocolat, crackers, etc etc. Mais pour les enfants, un passage veut surtout dire qu’ils auront enfin droit de puiser dans leur sac de bonbons d’Halloween, ce qu’ils attendent depuis longtemps!

La bière de célébration. Avant chaque traversé, Sam achète une bonne bière qu’il garde pour notre arrivé dans un nouveau pays. On blague parfois que cette bière représente 50% de la motivation qu’il a de nous ramener à terre…

Et ne vous inquiétez pas. Sam étant Sam, tout ces plats sont recette double, ce qui veut dire selon Cass que nous pouvons facilement être 14 jours au large avant de penser au paquet de saucisses à hot-dog qui attend pour la mac&cheese de célébration!

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